L’étranger, de Charles Baudelaire

Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? Ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère?
- Je n’ai ni père, ni mère, ni sÅ“ur, ni frère.
- Tes amis?
- Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est restée jusqu’à ce jour inconnu.
- Ta patrie?
- J’ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté?
- Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L’or?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
- J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages!

Tiré de Petits poèmes en prose (Le Spleen de Paris)


Nuages (Jean-Marc Vignolo).jpg

Nuages (de Jean-Marc Vignolo)

Publié dans : Littérature française |le 3 octobre, 2006 |1 Commentaire »

Vous pouvez laisser une réponse.

1 Commentaire Commenter.

  1. le 2 novembre 2006 à 10:44 MIDO écrit:

    Un peu de littérature et de poésie.
    J’aime votre sélection.
    Et pour cet agréable moment passé en votre compagnie, je vous dis : Merci !
    mido

Laisser un commentaire

mehdi |
Le TRANSFO |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | penser et tout dire
| Pascal DEMEURE, mes romans....
| le Cri du Crabe qui Cuit ...