Le Droit à la Paresse, de Georges Moustaki

Je voudrais rendre grâce à celui qui peut-être
A été mon premier et mon unique maître
Un philosophe mort voici quelques décades
Mort de son propre choix ni trop vieux ni malade

Il n’était pas de ceux qui entre dans l’histoire
Nous sommes peu nombreux à servir sa mémoire
Il ne se posait pas en saint ou en prophète
Mais cherchait avant nous le bonheur et la fête

Il rêvait d’une vie que l’on prend par la taille
Sans avoir à la gagner comme une bataille
Nous disait que la terre était pleine de fruits
Et de pain et d’amour et que c’était gratuit

Il parlait de ne plus jamais plier l’échine
Ni de se prosterner devant une machine
Il souhaitait pour les générations futures
De ne souffrir jamais d’aucune courbature

Sans vouloir enseigner sa parole était claire
En cela peut-être elle est révolutionnaire
Je voudrais rendre grâce à ce maître en sagesse
Qui ne nous arrivait ni d’Orient ni de Grèce

Je voudrais rendre grâce à ce maître en sagesse
Qui ne demandait que le droit à la paresse

alexanderjohnwhiterepose1895.jpg

Repos (de John White Alexander)

Publié dans : Littérature francophone |le 11 octobre, 2006 |Pas de Commentaires »

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