Archive pour le 14 novembre, 2006

Les Bijoux, de Charles Baudelaire

La très chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
À mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe!

- Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre!

Les Fleurs du Mal

 

chevelure.jpg

 

La femme aux bijoux

Publié dans:Littérature française |on 14 novembre, 2006 |Pas de commentaires »

Laziness, de Mark Twain

I don’t think there ever was a lazy man in this world. Every man has some sort of gift, and he prizes that gift beyond all others. He may be a professional billiard-player, or a Paderewski, or a poet I don’t care what it is. But whatever it is, he takes a native delight in exploiting that gift, and you will find it is difficult to beguile him away from it. Well, there are thousands of other interests occupying other men, but those interests don’t appeal to the special tastes of the billiard champion or Paderewski. They are set down, therefore, as too lazy to do that or do this to do, in short, what they have no taste or inclination to do. In that sense, then I am phenomenally lazy. But when it comes to writing a book I am not lazy. My family finds it difficult to dig me out of my chair.

 

- quoted in Sydney Morning Herald, 9/17/1895

 

Publié dans:Littérature américaine |on 14 novembre, 2006 |Pas de commentaires »

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