Choses, de Chris Coulon

 

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Quand on se met à regarder
Avec lenteur
Les choses autour de soi,
Surgissent des images,
Vous viennent des histoires
L’escalier, tiens !
Justement.
Avec ses marches mordues
Par les années de pas,
Pied droit, pied gauche,
Lustres d’usure.
Cet escalier foulé
Depuis des siècles.
Fermer les yeux,
Et voir.
Ce vieux, tiens, au pas lourd,
Moulu par les heures
D’un labeur sans fin,
Le pied en galoche,
S’accrochant à la rampe,
Ne sachant s’il allait
Encore une fois pouvoir
Les gravir toutes
Avant de s’effondrer
Sur la paillasse austère.
Ce vieux, quelle vie
Fut la sienne ?
Jeune, il avait dû l’être
Et gravir deux à deux
Les marches de l’Eden
Pour aller rejoindre
Là-haut sa belle amoureuse
Dans les draps frais
Aux odeurs de printemps.
Enfant, peut-être, déjà,
A quatre pattes, il avait
Bravé l’insolent édifice,
Jour après jour,
Une marche de plus.
Victoire au sommet !
Escalier vermoulu,
Marches cintrées en plein cœur.
D’autres, peut-être, un jour,
L’ont descendu pour lui,
Le vieux aux pieds devant,
Chaussures cirées de près
Ne touchant plus le sol,
Dans sa chemise de carton
Et sa boîte en bois blanc.
Ce vieux, je ne le connais pas.
Peut-être même qu’il n’existe pas.
Mais,
Quand on se met à regarder
Avec lenteur
Les choses autour de soi,
Surgissent des images,
Vous viennent des histoires,
Et l’on voit des visages,
Et l’on fait des histoires
Avec des bouts de rien.

Texte et photo de Chris Coulon qui m’a aimablement autorisée à les publier. (http://antiblouz.blog.lemonde.fr/?name)2005_11_choses)

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