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Discours de Harold Pinter, prix Nobel de Littérature

Extrait du discours prononcé par Harold Pinter, prix Nobel de Littérature en 2005.

 

 

 

 

La tragédie du Nicaragua s’est avérée être un cas extrêmement révélateur. Si je décide de l’évoquer ici, c’est qu’il illustre de façon convaincante la façon dont l’Amérique envisage son rôle dans le monde, aussi bien à l’époque qu’aujourd’hui.

 

J’ai assisté à une réunion qui s’est tenue à l’Ambassade des États-Unis à Londres à la fin des années 80.

 

Le Congrès américain était sur le point de décider s’il fallait ou non donner davantage d’argent aux Contras dans la campagne qu’ils menaient contre l’État du Nicaragua. J’étais là en tant que membre d’une délégation parlant au nom du Nicaragua, mais le membre le plus important de cette délégation était un certain Père John Metcalf. Le chef de file du camp américain était Raymond Seitz (alors bras droit de l’ambassadeur, lui-même nommé ambassadeur par la suite). Père Metcalf a dit: «Monsieur, j’ai la charge d’une paroisse au nord du Nicaragua. Mes paroissiens ont construit une école, un centre médico-social, un centre culturel. Nous avons vécu en paix. Il y a quelques mois une force de la Contra a attaqué la paroisse. Ils ont tout détruit: l’école, le centre médico-social, le centre culturel. Ils ont violé les infirmières et les institutrices, massacré les médecins, de la manière la plus brutale. Ils se sont comportés comme des sauvages. Je vous en supplie, exigez du gouvernement américain qu’il retire son soutien à cette odieuse activité terroriste.»

 

Raymond Seitz avait très bonne réputation, celle d’un homme rationnel, responsable et très bien informé. Il était grandement respecté dans les cercles diplomatiques. Il a écouté, marqué une pause, puis parlé avec une certaine gravité. « Père, dit-il, laissez-moi vous dire une chose. En temps de guerre, les innocents souffrent toujours. » Il y eut un silence glacial. Nous l’avons regardé d’un œil fixe. Il n’a pas bronché.

 

Les innocents, certes, souffrent toujours.

 

Finalement quelqu’un a dit: «Mais dans le cas qui nous occupe, des «innocents» ont été les victimes d’une atrocité innommable financée par votre gouvernement, une parmi tant d’autres. Si le Congrès accorde davantage d’argent aux Contras, d’autres atrocités de cette espèce seront perpétrées. N’est-ce pas le cas? Votre gouvernement n’est-il pas par là même coupable de soutenir des actes meurtriers et destructeurs commis sur les citoyens d’un état souverain?»

 

Seitz était imperturbable. «Je ne suis pas d’accord que les faits, tels qu’ils nous ont été exposés, appuient ce que vous affirmez là», dit-il.

 

Alors que nous quittions l’ambassade, un conseiller américain m’a dit qu’il aimait beaucoup mes pièces. Je n’ai pas répondu.

 

Je dois vous rappeler qu’à l’époque le Président Reagan avait fait la déclaration suivante: «Les Contras sont l’équivalent moral de nos Pères fondateurs.»

 

Les États-Unis ont pendant plus de quarante ans soutenu la dictature brutale de Somoza au Nicaragua. Le peuple nicaraguayen, sous la conduite des Sandinistes, a renversé ce régime en 1979, une révolution populaire et poignante.

 

Les Sandinistes n’étaient pas parfaits. Ils avaient leur part d’arrogance et leur philosophie politique comportait un certain nombre d’éléments contradictoires. Mais ils étaient intelligents, rationnels et civilisés. Leur but était d’instaurer une société stable, digne, et pluraliste. La peine de mort a été abolie. Des centaines de milliers de paysans frappés par la misère ont été ramenés d’entre les morts. Plus de 100.000 familles se sont vues attribuer un droit à la terre. Deux mille écoles ont été construites. Une campagne d’alphabétisation tout à fait remarquable a fait tomber le taux d’analphabétisme dans le pays sous la barre des 15%. L’éducation gratuite a été instaurée ainsi que la gratuité des services de santé. La mortalité infantile a diminué d’un tiers. La polio a été éradiquée.

 

Les États-Unis accusèrent ces franches réussites d’être de la subversion marxiste-léniniste. Aux yeux du gouvernement américain, le Nicaragua donnait là un dangereux exemple. Si on lui permettait d’établir les normes élémentaires de la justice économique et sociale, si on lui permettait d’élever le niveau des soins médicaux et de l’éducation et d’accéder à une unité sociale et une dignité nationale, les pays voisins se poseraient les mêmes questions et apporteraient les mêmes réponses. Il y avait bien sûr à l’époque, au Salvador, une résistance farouche au statu quo.

 

J’ai parlé tout à l’heure du «tissu de mensonges» qui nous entoure. Le Président Reagan qualifiait couramment le Nicaragua de «donjon totalitaire». Ce que les médias, et assurément le gouvernement britannique, tenaient généralement pour une observation juste et méritée. Il n’y avait pourtant pas trace d’escadrons de la mort sous le gouvernement sandiniste. Il n’y avait pas trace de tortures. Il n’y avait pas trace de brutalité militaire, systématique ou officielle. Aucun prêtre n’a jamais été assassiné au Nicaragua. Il y avait même trois prêtres dans le gouvernement sandiniste, deux jésuites et un missionnaire de la Société de Maryknoll. Les «donjons totalitaires» se trouvaient en fait tout à côté, au Salvador et au Guatemala. Les États-Unis avaient, en 1954, fait tomber le gouvernement démocratiquement élu du Guatemala et on estime que plus de 200.000 personnes avaient été victimes des dictatures militaires qui s’y étaient succédé.

 

En 1989, six des plus éminents jésuites du monde ont été violemment abattus à l’Université Centraméricaine de San Salvador par un bataillon du régiment Alcatl entraîné à Fort Benning, Géorgie, USA. L’archevêque Romero, cet homme au courage exemplaire, a été assassiné alors qu’il célébrait la messe. On estime que 75.000 personnes sont mortes. Pourquoi a-t-on tué ces gens-là? On les a tués parce qu’ils étaient convaincus qu’une vie meilleure était possible et devait advenir. Cette conviction les a immédiatement catalogués comme communistes. Ils sont morts parce qu’ils osaient contester le statu quo, l’horizon infini de pauvreté, de maladies, d’humiliation et d’oppression, le seul droit qu’ils avaient acquis à la naissance.

 

Les États-Unis ont fini par faire tomber le gouvernement sandiniste. Cela leur prit plusieurs années et ils durent faire preuve d’une ténacité considérable, mais une persécution économique acharnée et 30.000 morts ont fini par ébranler le courage des Nicaraguayens. Ils étaient épuisés et de nouveau misérables. L’économie «casino» s’est réinstallée dans le pays. C’en était fini de la santé gratuite et de l’éducation gratuite. Les affaires ont fait un retour en force. La «Démocratie» l’avait emporté.

 

Mais cette «politique» ne se limitait en rien à l’Amérique Centrale. Elle était menée partout dans le monde. Elle était sans fin. Et c’est comme si ça n’était jamais arrivé.

 

Les États-Unis ont soutenu, et dans bien des cas engendré, toutes les dictatures militaires de droite apparues dans le monde à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Je veux parler de l’Indonésie, de la Grèce, de l’Uruguay, du Brésil, du Paraguay, d’Haïti, de la Turquie, des Philippines, du Guatemala, du Salvador, et, bien sûr, du Chili. L’horreur que les États-Unis ont infligée au Chili en 1973 ne pourra jamais être expiée et ne pourra jamais être oubliée.

 

Des centaines de milliers de morts ont eu lieu dans tous ces pays. Ont-elles eu lieu? Et sont-elles dans tous les cas imputables à la politique étrangère des États-Unis? La réponse est oui, elles ont eu lieu et elles sont imputables à la politique étrangère américaine. Mais vous n’en savez rien.

 

Ça ne s’est jamais passé. Rien ne s’est jamais passé. Même pendant que cela se passait, ça ne se passait pas. Ça n’avait aucune importance. Ça n’avait aucun intérêt. Les crimes commis par les États-Unis ont été systématiques, constants, violents, impitoyables, mais très peu de gens en ont réellement parlé. Rendons cette justice à l’Amérique : elle s’est livrée, partout dans le monde, à une manipulation tout à fait clinique du pouvoir tout en se faisant passer pour une force qui agissait dans l’intérêt du bien universel. Un cas d’hypnose génial, pour ne pas dire spirituel, et terriblement efficace.

 

Les États-Unis, je vous le dis, offrent sans aucun doute le plus grand spectacle du moment. Pays brutal, indifférent, méprisant et sans pitié, peut-être bien, mais c’est aussi un pays très malin. À l’image d’un commis voyageur, il œuvre tout seul et l’article qu’il vend le mieux est l’amour de soi. Succès garanti. Écoutez tous les présidents américains à la télévision prononcer les mots «peuple américain», comme dans la phrase: «Je dis au peuple américain qu’il est temps de prier et de défendre les droits du peuple américain et je demande au peuple américain de faire confiance à son Président pour les actions qu’il s’apprête à mener au nom du peuple américain.»

 

Le stratagème est brillant. Le langage est en fait employé pour tenir la pensée en échec. Les mots «peuple américain» fournissent un coussin franchement voluptueux destiné à vous rassurer. Vous n’avez pas besoin de penser. Vous n’avez qu’à vous allonger sur le coussin. Il se peut que ce coussin étouffe votre intelligence et votre sens critique mais il est très confortable. Ce qui bien sûr ne vaut pas pour les 40 millions de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ni aux 2 millions d’hommes et de femmes incarcérés dans le vaste goulag de prisons qui s’étend d’un bout à l’autre des États-Unis.

 

Les États-Unis ne se préoccupent plus des conflits de faible intensité. Ils ne voient plus l’intérêt qu’il y aurait à faire preuve de réserve, ni même de sournoiserie. Ils jouent cartes sur table, sans distinction. C’est bien simple, ils se fichent éperdument des Nations Unies, du droit international ou des voix dissidentes, dont ils pensent qu’ils n’ont aucun pouvoir ni aucune pertinence. Et puis ils ont leur petit agneau bêlant qui les suit partout au bout d’une laisse, la Grande-Bretagne, pathétique et soumise.

 

Où est donc passée notre sensibilité morale? En avons-nous jamais eu une? Que signifient ces mots? Renvoient-ils à un terme très rarement employé ces temps-ci – la conscience? Une conscience qui soit non seulement liée à nos propres actes mais qui soit également liée à la part de responsabilité qui est la nôtre dans les actes d’autrui? Tout cela est-il mort? Regardez Guantanamo. Des centaines de gens détenus sans chef d’accusation depuis plus de trois ans, sans représentation légale ni procès équitable, théoriquement détenus pour toujours. Cette structure totalement illégitime est maintenue au mépris de la Convention de Genève. Non seulement on la tolère mais c’est à peine si la soi-disant «communauté internationale» en fait le moindre cas. Ce crime scandaleux est commis en ce moment même par un pays qui fait profession d’être «le leader du monde libre». Est-ce que nous pensons aux locataires de Guantanamo? Qu’en disent les médias? Ils se réveillent de temps en temps pour nous pondre un petit article en page six. Ces hommes ont été relégués dans un no man’s land dont ils pourraient fort bien ne jamais revenir. À présent beaucoup d’entre eux font la grève de la faim, ils sont nourris de force, y compris des résidents britanniques. Pas de raffinements dans ces méthodes d’alimentation forcée. Pas de sédatifs ni d’anesthésiques. Juste un tube qu’on vous enfonce dans le nez et qu’on vous fait descendre dans la gorge. Vous vomissez du sang. C’est de la torture. Qu’en a dit le ministre des Affaires étrangères britannique? Rien. Qu’en a dit le Premier Ministre britannique? Rien. Et pourquoi? Parce que les États-Unis ont déclaré : critiquer notre conduite à Guantanamo constitue un acte hostile. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. Résultat, Blair se tait.

 

L’invasion de l’Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d’État patenté, témoignant d’un absolu mépris pour la notion de droit international. Cette invasion était un engagement militaire arbitraire inspiré par une série de mensonges répétés sans fin et une manipulation flagrante des médias et, partant, du public; une intervention visant à renforcer le contrôle militaire et économique de l’Amérique sur le Moyen-Orient et se faisant passer – en dernier ressort – toutes les autres justifications n’ayant pas réussi à prouver leur bien-fondé – pour une libération. Une redoutable affirmation de la force militaire responsable de la mort et de la mutilation de milliers et de milliers d’innocents.

 

Nous avons apporté au peuple irakien la torture, les bombes à fragmentation, l’uranium appauvri, d’innombrables tueries commises au hasard, la misère, l’humiliation et la mort et nous appelons cela « apporter la liberté et la démocratie au Moyen-Orient».

 

Combien de gens vous faut-il tuer avant d’avoir droit au titre de meurtrier de masse et de criminel de guerre? Cent mille? Plus qu’assez, serais-je tenté de croire. Il serait donc juste que Bush et Blair soient appelés à comparaître devant la Cour internationale de justice. Mais Bush a été malin. Il n’a pas ratifié la Cour internationale de justice. Donc, si un soldat américain ou, à plus forte raison, un homme politique américain, devait se retrouver au banc des accusés, Bush a prévenu qu’il enverrait les marines. Mais Tony Blair, lui, a ratifié la Cour et peut donc faire l’objet de poursuites. Nous pouvons communiquer son adresse à la Cour si ça l’intéresse. Il habite au 10 Downing Street, Londres.

 

La mort dans ce contexte devient tout à fait accessoire. Bush et Blair prennent tous deux bien soin de la mettre de côté. Au moins 100.000 Irakiens ont péri sous les bombes et les missiles américains avant que ne commence l’insurrection irakienne. Ces gens-là sont quantité négligeable. Leur mort n’existe pas. Un néant. Ils ne sont même pas recensés comme étant morts. «Nous ne comptons pas les cadavres» a déclaré le général américain Tommy Franks.

 

Aux premiers jours de l’invasion une photo a été publiée à la une des journaux britanniques; on y voit Tony Blair embrassant sur la joue un petit garçon irakien. «Un enfant reconnaissant» disait la légende. Quelques jours plus tard on pouvait trouver, en pages intérieures, l’histoire et la photo d’un autre petit garçon de quatre ans qui n’avait plus de bras. Sa famille avait été pulvérisée par un missile. C’était le seul survivant. «Quand est-ce que je retrouverai mes bras?» demandait-il. L’histoire est passée à la trappe. Eh bien oui, Tony Blair ne le serrait pas contre lui, pas plus qu’il ne serrait dans ses bras le corps d’un autre enfant mutilé, ou le corps d’un cadavre ensanglanté. Le sang, c’est sale. Ça salit votre chemise et votre cravate quand vous parlez avec sincérité devant les caméras de télévision.

 

Les 2.000 morts américains sont embarrassants. On les transporte vers leurs tombes dans le noir. Les funérailles se font discrètement, en lieu sûr. Les mutilés pourrissent dans leurs lits, certains pour le restant de leurs jours. Ainsi les morts et les mutilés pourrissent-ils, dans différentes catégories de tombes.

 

Voici un extrait de «J’explique certaines choses», un poème de Pablo Neruda :

 

Et un matin tout était en feu,
et un matin les bûchers
sortaient de la terre
dévorant les êtres vivants,
et dès lors ce fut le feu,
ce fut la poudre,
et ce fut le sang.
Des bandits avec des avions, avec des Maures,
des bandits avec des bagues et des duchesses,
des bandits avec des moines noirs pour bénir
tombaient du ciel pour tuer des enfants,
et à travers les rues le sang des enfants
coulait simplement, comme du sang d’enfants.

 

Chacals que le chacal repousserait,
pierres que le dur chardon mordrait en crachant,
vipères que les vipères détesteraient!

 

Face à vous j’ai vu le sang
de l’Espagne se lever
pour vous noyer dans une seule vague
d’orgueil et de couteaux!

 

Généraux
de trahison:
regardez ma maison morte,
regardez l’Espagne brisée:

 

 

mais de chaque maison morte surgit un métal ardent
au lieu de fleurs,
mais de chaque brèche d’Espagne
surgit l’Espagne,
mais de chaque enfant mort surgit un fusil avec des yeux,
mais de chaque crime naissent des balles
qui trouveront un jour l’endroit
de votre cœur.

 

Vous allez demander pourquoi sa poésie
ne parle-t-elle pas du rêve, des feuilles,
des grands volcans de son pays natal?

 

Venez voir le sang dans les rues,
venez voir
le sang dans les rues,
venez voir
le sang dans les rues! 1

 

Laissez-moi préciser qu’en citant ce poème de Neruda je ne suis en aucune façon en train de comparer l’Espagne républicaine à l’Irak de Saddam Hussein. Si je cite Neruda c’est parce que je n’ai jamais lu ailleurs dans la poésie contemporaine de description aussi puissante et viscérale d’un bombardement de civils.

 

J’ai dit tout à l’heure que les États-Unis étaient désormais d’une franchise totale et jouaient cartes sur table. C’est bien le cas. Leur politique officielle déclarée est désormais définie comme une «full spectrum dominance» (une domination totale sur tous les fronts). L’expression n’est pas de moi, elle est d’eux. «Full spectrum dominance», cela veut dire contrôle des terres, des mers, des airs et de l’espace et de toutes les ressources qui vont avec.

 

Les États-Unis occupent aujourd’hui 702 installations militaires dans 132 pays du monde entier, à l’honorable exception de la Suède, bien sûr. On ne sait pas trop comment ils en sont arrivés là, mais une chose est sûre, c’est qu’ils y sont.

 

Les États-Unis détiennent 8.000 ogives nucléaires actives et opérationnelles. 2.000 sont en état d’alerte maximale, prêtes à être lancées avec un délai d’avertissement de 15 minutes. Ils développent de nouveaux systèmes de force nucléaire, connus sous le nom de «bunker busters» (briseurs de blockhaus). Les Britanniques, toujours coopératifs, ont l’intention de remplacer leur missile nucléaire, le Trident. Qui, je me le demande, visent-ils? Oussama Ben Laden? Vous? Moi? Tartempion? La Chine? Paris? Qui sait? Ce que nous savons c’est que cette folie infantile – détenir des armes nucléaires et menacer de s’en servir – est au cœur de la philosophie politique américaine actuelle. Nous devons nous rappeler que les États-Unis sont en permanence sur le pied de guerre et ne laissent entrevoir en la matière aucun signe de détente.

 

Des milliers, sinon des millions, de gens aux États-Unis sont pleins de honte et de colère, visiblement écœurés par les actions de leur gouvernement, mais en l’état actuel des choses, ils ne constituent pas une force politique cohérente – pas encore. Cela dit, l’angoisse, l’incertitude et la peur que nous voyons grandir de jour en jour aux États-Unis ne sont pas près de s’atténuer.

 

Je sais que le Président Bush emploie déjà pour écrire ses discours de nombreuses personnes extrêmement compétentes, mais j’aimerais me porter volontaire pour le poste. Je propose la courte allocution suivante, qu’il pourrait faire à la télévision et adresser à la nation. Je l’imagine grave, les cheveux soigneusement peignés, sérieux, avenant, sincère, souvent enjôleur, y allant parfois d’un petit sourire forcé, curieusement séduisant, un homme plus à son aise avec les hommes.

 

«Dieu est bon. Dieu est grand. Dieu est bon. Mon Dieu est bon. Le Dieu de Ben Laden est mauvais. Le sien est un mauvais Dieu. Le Dieu de Saddam était mauvais, sauf que Saddam n’en avait pas. C’était un barbare. Nous ne sommes pas des barbares. Nous ne tranchons pas la tête des gens. Nous croyons à la liberté. Dieu aussi. Je ne suis pas un barbare. Je suis le leader démocratiquement élu d’une démocratie éprise de liberté. Nous sommes une société pleine de compassion. Nous administrons des électrocutions pleines de compassion et des injections létales pleines de compassion. Nous sommes une grande nation. Je ne suis pas un dictateur. Lui, oui. Je ne suis pas un barbare. Lui, oui. Et lui aussi. Ils le sont tous. Moi, je détiens l’autorité morale. Vous voyez ce poing? C’est ça, mon autorité morale. Tâchez de ne pas l’oublier.»

 

La vie d’un écrivain est une activité infiniment vulnérable, presque nue. Inutile de pleurer là-dessus. L’écrivain fait un choix, un choix qui lui colle à la peau. Mais il est juste de dire que vous êtes exposé à tous les vents, dont certains sont glacés bien sûr. Vous œuvrez tout seul, isolé de tout. Vous ne trouvez aucun refuge, aucune protection – sauf si vous mentez – auquel cas bien sûr vous avez construit et assuré vous-même votre protection et, on pourrait vous le rétorquer, vous êtes devenu un homme politique.

 

J’ai parlé de la mort pas mal de fois ce soir. Je vais maintenant vous lire un de mes poèmes, intitulé «Mort».

 

Où a-t-on trouvé le cadavre?
Qui a trouvé le cadavre?
Le cadavre était-il mort quand on l’a trouvé?
Comment a-t-on trouvé le cadavre?

 

Qui était le cadavre?

 

Qui était le père ou la fille ou le frère
Ou l’oncle ou la sœur ou la mère ou le fils
Du cadavre abandonné?

 

Le corps était-il mort quand on l’a abandonné?
Le corps était-il abandonné?
Par qui avait-il été abandonné?

 

Le cadavre était-il nu ou en costume de voyage?

 

Qu’est-ce qui a fait que ce cadavre, vous l’avez déclaré mort?
Le cadavre, vous l’avez déclaré mort?
Vous le connaissiez bien, le cadavre?
Comment saviez-vous que le cadavre était mort?

 

Avez-vous lavé le cadavre?
Avez-vous fermé ses deux yeux?
Avez-vous enterré le corps?
L’avez-vous laissé à l’abandon?
Avez-vous embrassé le cadavre?

 

 

Quand nous nous regardons dans un miroir, nous pensons que l’image qui nous fait face est fidèle. Mais bougez d’un millimètre et l’image change. Nous sommes en fait en train de regarder une gamme infinie de reflets. Mais un écrivain doit parfois fracasser le miroir – car c’est de l’autre côté de ce miroir que la vérité nous fixe des yeux.

 

Je crois que malgré les énormes obstacles qui existent, être intellectuellement résolus, avec une détermination farouche, stoïque et inébranlable, à définir, en tant que citoyens, la réelle vérité de nos vies et de nos sociétés est une obligation cruciale qui nous incombe à tous. Elle est même impérative.

 

Si une telle détermination ne s’incarne pas dans notre vision politique, nous n’avons aucun espoir de restaurer ce que nous sommes si près de perdre – notre dignité d’homme.

 



 

 

1. Pablo Neruda : «J’explique certaines choses», dans Résidence sur la terre, III. Traduction Guy Suarès. Gallimard, 1972.

 

Traduction Séverine Magois

 

 

Ségolène et Nicolas, de Henry Girou

C Ségolène ou C Nicolas (qui l’aura dans le baba ?) (Henry Girou)


Aura-t-on un roi, une reine, un Nicolas, une Ségolène

Qui comme prochain chef d’état? Une Ségolène, un Nicolas?

Ils ont les gènes et le sans-gêne, le Nicolas, la Ségolène

Et l’ego qu’il faut pour faire ça, la Ségolène, le Nicolas

 

Refrain :

Mais qui l’aura dans le baba: la Ségolène ou le Nicolas?

Qui pleurera comme une madeleine, est-ce Nicolas ou Ségolène?

 

Voyez-les comme ils se démènent, le Nicolas, la Ségolène

Pour accaparer les média, la Ségolène, le Nicolas

Pas un jour de la semaine sans Nicolas ou Ségolène

Et l’on entend et l’on ne voit que Ségolène ou Nicolas

 

Refrain

Comme à Londres mon général, le Sarkozy et la Royal

Comme Jeanne d’Arc à Donrémy, la Royal et le Sarkozy

Se croient un destin national, le Sarkozy et la Royal

Entendent des voix du pays, la Royal et le Sarkozy

 

Refrain

Cette fois on a de la veine avec Nicolas et Ségolène

Une énarque et un avocat, c’est Ségolène et Nicolas

La fine fleur politicienne, le Nicolas, la Ségolène

Deux grandes gueules à petits bras, la Ségolène, le Nicolas

 

Refrain

Une campagne à l’américaine pour Nicolas et Ségolène

Du strass, des paillettes, du blabla pour Ségolène et Nicolas

On nous conte les fredaines de Nicolas et de Ségolène

Avec François et Cécilia même si on s’en bat les noix

 

Refrain

Un qui flirte avec le FN, c’est Nicolas pas Ségolène

Une qui aime la marche au pas, c’est Ségolène pas Nicolas

Un nabot, une sirène, c’est Nicolas et Ségolène

Une qui minaude, l’autre qui aboie, c’est Ségolène et Nicolas

 

Refrain

Il est imbu, elle est hautaine, le Nicolas, la Ségolène

Ils se la jouent «la France, c’est moi», la Ségolène, le Nicolas

Comme la grenouille de La Fontaine, le Nicolas, la Ségolène

Attention qu’ils n’éclatent pas, la Ségolène, le Nicolas

 

Refrain

À part la vieille baderne, le cyclope du f. haineux

Chacun est libre de son choix pour Ségolène, pour Nicolas

Elle va durer la rengaine de Nicolas et de Ségolène

Pendant des mois on nous gavera de Ségolène et Nicolas

 

Refrain

Mais aux élections prochaines s’ils sont tous les deux “chocolat”

Quelle gueule elle fera Ségolène, quelle gueule il fera Nicolas,

Quelles gueules feront Nicolas et Ségolène

Si aux élections ils l’ont dans le baba (bis)

 

Surtout, ne manquez pas d’aller écouter les Goristes à l’adresse suivante:

http://www.dailymotion.com/video/x122h5_segolene-ou-nicolasv-integrale

Publié dans:Cultures et civilisations |on 15 mars, 2007 |1 Commentaire »

Quand les pierres parlaient aux étoiles, de Michel Demaria

MANIFESTE POUR L’AVÈNEMENT D’UN PARADIGME CATASTROPHISTE

 

Les mystères de l’évolution immobile

 

Si vous êtes de ceux que passionne la recherche de nos origines perdues voici plus de dix mille ans dans un possible cataclysme planétaire survenu à la fin de l’Ère Glaciaire, il est probable que plus d’une fois un étrange sentiment contradictoire vous ait saisi.

 

D’abord, on sent la solution proche. La possibilité paraît très forte que des civilisations avancées aient existé à ces lointaines époques, puis aient été balayées de la Terre par diverses catastrophes d’ampleur mondiale. Les indices en ce sens sont légion, et il semble très probable que de nombreuses énigmes archéologiques puissent trouver leur solution dans la recherche de ces civilisations.

 

En dépit de certaines résistances compréhensibles, le monde scientifique s’ouvre progressivement à ces idées. Le progrès des moyens d’investigation génère rapidement de nouvelles connaissances. Elles permettent d’envisager que les anciennes légendes concernant ces événements renferment une part de vérité, qu’il convient alors de modéliser.

 

J’en veux pour preuve l’acceptation désormais générale que la Terre reste sous la menace d’impacts cosmiques qui peuvent expliquer la disparition des dinosaures. Autre nouveauté, les découvertes concernant la réalité d’une ancienne catastrophe diluvienne en Mer Noire. Ou encore la découverte de l’existence d’îles en face de Gibraltar et submergées à l’époque où Platon situe la fin de l’Atlantide, assortie de celle encore plus récente des traces d’un tsunami considérable qui s’est abattu sur le détroit voici un peu plus de 10.000 ans!

 

[…]

 

On sait par exemple que des milliers de mammouths sibériens sont morts engloutis puis congelés dans une boue épaisse d’au moins une dizaine de mètres. Mais il n’est pas envisageable qu’une catastrophe climatique radicale se soit produite rapidement sur une telle étendue de terres. Non! Ils broutaient (des lichens subarctiques bien sûr, pas du fourrage, dont il leur fallait de grosses quantités quotidiennes), ils sont malencontreusement tombés dans une rivière ou un marécage et s’y sont noyés. Puis le marécage a gelé définitivement, sous un changement progressif du climat, c’est tout. Ou bien ils sont tous morts frappés par une mystérieuse épidémie, ainsi que l’affirme une théorie récente. Comme les tigres à dents de sabre, les rhinocéros laineux et les toxodontes d’Amérique? Pas de chance, vraiment! Les autres milliers de mammouths dont on retrouve les squelettes sur les fonds de la Manche et de la Mer du Nord ne peuvent pas avoir été piégés par une montée très brutale du niveau de la mer, voire un «tsunami», car un tel événement est réputé impossible à ces époques. Ils ont été surpris par une montée des eaux de quelques centimètres par an pendant quelques millénaires, et ils se sont tous noyés dans les marais, dans la même vallée, comme en Sibérie, voilà tout!

 

Évoquez simplement la possibilité que la civilisation disparue de l’Atlantide ait pu être, au-delà de la légende, une réalité située à l’emplacement des Açores, comme le décrit Platon dans son texte clair et précis. On vous opposera la certitude absolue que la dorsale médio atlantique, sur laquelle repose cet archipel, ne peut pas avoir été largement émergée, puis précipitée brutalement deux mille huit cents mètres plus bas. Le fond des mers est calme depuis longtemps, pas de place pour le «catastrophisme». Le modèle actuel de la tectonique des plaques interdit d’imaginer de tels mouvements verticaux de l’écorce terrestre. Seuls peuvent exister les mouvements de glissement des plaques supposées rigides de l’écorce terrestre sur le manteau visqueux supposé uniforme. Le fond des mers est presque exclusivement constitué de basalte extrudé entre les plaques sous la pression des «points chauds», le dogme affirme qu’il n’y existe pratiquement pas de matériaux «continentaux». Mais cela est souvent faux, en particulier dans les parages de la dorsale médio atlantique.

 

On oubliera soigneusement de dire que ce modèle ne colle pas au cas des Açores, un «point triple» où se rencontrent trois plaques océaniques. On ne sait pas localiser un point chaud précis en cet endroit, on ne sait pas localiser le passage exact de la faille est-ouest du système, on ne sait pas si une «micro plaque» existe en ces lieux. Mais toute autre vision moins restrictive que l’affrontement horizontal de deux plaques est totalement exclue. Et l’on affecte d’ignorer les divers éléments ramenés par plusieurs expéditions d’exploration menées du XIXe siècle à nos jours. Ils montrent que voici douze mille ans se trouvaient des terres émergées, où la dorsale médio atlantique gît à plus de deux mille mètres de fond. Il faudra bien un jour expliquer pourquoi. Mais on refuse encore de prendre en compte la possibilité d’importants mouvements verticaux de l’écorce, car cela reviendrait à abandonner ce cher modèle uniformitariste, et admettre la validité des thèses catastrophistes. Comme par exemple la fonte rapide des glaciers terrestres géants et l’augmentation très brutale de la masse d’eau pesant sur les fonds océaniques à la fin de l’Ère glaciaire. Comme la possibilité d’une expansion du volume, et donc de la surface de la Terre, ou encore un glissement global de la lithosphère sur l’asténosphère, qui permettraient de résoudre bien des contradictions du modèle dominant d’explication climatique et géophysique. Enfin, on minore l’importance de l’extraordinaire champ de cratères de Caroline aux USA, qui suggère un impact de comète majeur et récent (aux environs de douze mille ans) sur le fond de l’Atlantique, au nord de Porto-Rico (Fosse de Narès), et qui serait la cause possible d’une catastrophe mondiale. Un archipel posé sur la dorsale (comme l’est encore l’Islande), et si près du «chaudron», ne pourrait résister aux forces titanesques exercées alors sur le fragile équilibre de la jointure des plaques au centre de l’Atlantique.

 

Pour se consoler et ne pas affronter le dogme en face, les chercheurs les plus audacieux iront affirmer que le texte du philosophe grec a été mal traduit et qu’il plaçait en fait l’Atlantide en Crète, au Pôle Sud, et peut-être bientôt en Mandchourie. Ou bien on imagine de distordre les unités de temps pour rapprocher l’événement de l’époque de Platon, et donc de la nôtre. Tout plutôt que d’affronter le «gouffre du temps». Ce philosophe ne savait-il donc pas compter les années, était-il ignare en géographie, ou bien racontait-il si mal que l’on se perde ainsi en conjectures sur ce qu’il a voulu dire «en réalité»?

 

[…]

 

Seul un basculement catastrophique de l’axe du globe, ou un glissement de l’écorce terrestre sur le magma peut expliquer cela. C’est la théorie que défendit des années cinquante aux années soixante le professeur d’histoire des sciences Charles Hapgood. Il éveilla l’intérêt d’Albert Einstein en particulier, et la froide hostilité du monde scientifique en général. («Les Mouvements de l’Écorce Terrestre», 1958).

 

Mais aucun sceptique «ultra-rationaliste» n’a pu trouver de parade aux étonnantes études du même Charles Hapgood, relatives au mystère des anciens portulans. («Les Cartes des Anciens Rois des Mers», 1966). Ces cartes datant des XIVe, XVe et XVIe siècles montrent avec précision des terres inconnues à ces époques, ou encore émergées alors qu’elles sont maintenant sous les eaux, ou les glaces, comme l’Antarctique, justement. Elles ont manifestement été bâties et compilées à partir d’originaux très anciens, mais inconnus à ce jour. Et qui a pu cartographier la terre voici plus de dix mille ans avec une précision qui exigeait la mesure précise des longitudes et l’emploi de la projection par trigonométrie sphérique, une expertise qui ne fut acquise qu’à partir de la fin du XVIIIe siècle, alors que l’Antarctique ne fut découverte qu’au XIXe siècle, et seulement explorée au XXe?

 

[…]

 

En ce qui concerne les anciennes civilisations perdues dans les brumes des débuts de l’Histoire, tout est désormais clair, explicable, et codifié. Pas de mystère, ce mot sent trop l’irrationnel.

 

On vous dira que les lignes de Nazca du désert côtier Péruvien ont été tracées par le «peuple Nazca».

 

Quant à l’étrange «cité des Dieux» du Mexique ancien, Theotihuacan, dont la pyramide du Soleil possède une base de mêmes dimensions, et une hauteur exactement égale à la moitié que celle de Keops, on est certain qu’elle fut bâtie beaucoup plus tard par des «Theotihuacans», et qu’il n’y a aucun rapport imaginable avec Gizeh. Tout est simple!

 

L’énigmatique cité de Tiahuanaco, en Bolivie, dont certains éléments suggèrent que c’était un port, se trouve maintenant à plusieurs kilomètres du Lac Titicaca, et présente les traces d’une agriculture organisée à une altitude qui la rendrait aujourd’hui impraticable. Les traditions locales, ainsi que celles des Incas, affirment qu’elle fut construite par des «Dieux», puis détruite par un «Déluge», et habitée ensuite par le Dieu civilisateur Viracocha. Son architecture étrange, de nature géométrique et dépouillée, ainsi que l’existence de statues au physique caucasien devraient interpeller tout esprit curieux. Mais on affirme que sa construction ne date que des premiers siècles de notre ère, par un peuple nommé bien sûr «Tihuanacan». Donc, tout va bien, rien ne bouge!

 

Les alignements de Carnac en Bretagne, dont on ignore encore la raison d’être et l’âge exact, ont été érigés avant l’arrivée des Celtes par des populations dont on ne sait quasiment rien! Curieusement, on dispose de plus d’informations sur leurs ancêtres d’il y a trente mille ans. On évoquera pudiquement le «hiatus néolithique». Mais toute spéculation, même logique et rationnelle, visant à une remise en cause du dogme de l’âge relativement récent et de la destination funéraire de la quasi-totalité des mégalithes est «hérétique». Tout a été découvert, jugé, et expliqué. Qu’on se le dise!

 

Examinez les trois énormes pavés monolithiques de plus de vingt mètres de long et de presque mille tonnes chacun, qui forment le soubassement des temples Romains de Baalbek, au Liban.

 

La plupart des archéologues sont violemment opposés à l’hypothèse d’anciennes civilisations avancées dans un lointain passé, qu’ils qualifient «d’imposture». Alors ils nous expliquent que ces dalles colossales ont été mises en place côte-à-côte, jointives, et à l’horizontale, par les Romains eux-mêmes. Certes, ils étaient maîtres architectes et ingénieurs capables de transporter et d’ériger des masses énormes. Leur record absolu fut l’obélisque de Thoutmosis IV, à Karnak. Transporté à Rome en 357 ap. J.C. et érigé au Circus Maximus, c’était le plus lourd de tous, pesant près de 450 tonnes! Mais contrairement à toutes les autres réalisations romaines d’importance, la terrasse de Baalbek n’est ni documentée, ni signée. Un fait très inhabituel! En outre, pourquoi s’obliger à manier de telles masses (trois fois le double de l’obélisque de St-Jean-de-Latran) pour un simple soubassement? Cet irrationalisme était étranger aux Romains, peuple pragmatique et dépourvu de mysticisme.

 

Il est cependant connu que les Égyptiens et les Hébreux savaient eux aussi tailler, transporter et mettre en place des blocs atteignant 500 tonnes. Mais pour les pierres géantes de Baalbek, record mondial absolu de 980 tonnes, personne ne sait vraiment qui, quand et pourquoi. Aucune réponse! Aucune preuve! Là aussi, une spéculation est devenue un dogme.

 

On évitera soigneusement de vous avouer qu’en fait, on ne sait quasiment pas répondre aux questions fondamentales posées par ces sites:

 

Construits par qui? Quand? Comment? Dans quel but?

 

[…]

 

Ne vous êtes-vous jamais étonnés de l’extension mondiale de ce que l’on appelle les «mégalithes»? On appelle ainsi tous les monuments préhistoriques ou liés aux «premières» civilisations historiques, constitués de pierres énormes ou en très grande nombre.

 

Vous avez sûrement constaté que des cultes dédiés aux astres et provenant de la nuit des temps s’égrènent sur toute notre planète, en suivant la chaîne des mégalithes, des pyramides et des temples cyclopéens. Sachez alors que l’archéologie cantonne presque exclusivement tous ces monuments à des fonctions funéraires ou à des cultes des ancêtres, ou bien ce sont des forteresses. Pour la majorité des archéologues, quasiment toutes les pyramides, tous les dolmens, tous les cairns, tous les cromlechs, tous les menhirs, sont des tombes et des commémorations de défunts. Pourtant, il est notable que les cultes du soleil, de la lune et des étoiles étaient répandus chez tous les peuples anciens de notre planète, en même temps, il est vrai, que des cultes funéraires, ou de divinités locales. L’un n’exclut pas forcément l’autre. Il est évident qu’une partie importante des dolmens et des cairns étaient des temples avant de devenir des tombes, et beaucoup n’ont jamais contenu de sépultures. Il n’existe aucune preuve absolue que les pyramides de Gizeh aient été des tombeaux permanents et définitifs.

 

Quant aux menhirs, si certains d’entre eux, de forme anthropomorphe, représentent des «ancêtres» ou des «dieux», la plupart servaient d’autres desseins. Beaucoup sont disposés suivant des alignements de visées célestes, en lignes ou en cercles. Ces architectures témoignent de surprenantes connaissances de géométrie et d’astronomie, en décalage évident avec l’histoire officielle de l’évolution des sciences. D’autres menhirs servaient de marqueurs ou de délimiteurs géographiques. Ils balisaient des voies, terrestres ou maritimes, marquaient ou délimitaient des sites sacrés de tous types. Il en est même qui furent érigés sur des cairns funéraires! L’existence de ces réseaux de marqueurs indique aussi des connaissances en géographie. Enfin, il existe une possibilité les peuples anciens aient eu une connaissance fine des caractéristiques électromagnétiques de notre planète, de ses éléments terre, air et eau. Certains chercheurs pensent que nombre de menhirs étaient implantés en des points précis, aux nœuds d’intersection de lignes «équipotentielles» appartenant à un réseau maillé, dont l’effet local sur les caractéristiques électrochimiques du sol, des écoulements d’eau, et la qualité d’ionisation de l’air demandait à être particulièrement contrôlé, stabilisé et équilibré dans certaines zones. Une sorte d’acupuncture écologique. On peut en sourire, mais il ne faut pas oublier les légendes tenaces sur nombre de propriétés thérapeutiques bénéfiques attribuées aux menhirs par la culture populaire ancienne des diverses régions de France.

 

Tous les éléments que je soumets au lecteur sont connus, mais ils méritent d’être rappelés ici, tous réunis, afin que l’on réalise à quel point le consensus culturel contemporain ignore ou est incapable de prendre en compte une importante partie de la réalité de notre passé. Ce qui revient à comprendre à quel point le modèle actuellement admissible est réducteur, pauvre et incomplet.

 

Pour se dégager du sentiment de contradiction que l’on peut éprouver si l’on se prend d’intérêt pour ces questions, tout en conservant lucidité et esprit rationnel, il faut permettre à la somme d’indices et de preuves qui s’amoncellent constamment de rentrer dans un cadre général suffisamment structuré et synthétique. Il faut désormais cerner les solutions de façon globale, et il faut les guider vers ce cadre, afin qu’elles cessent de dériver inexorablement vers un horizon toujours fuyant. Pour cela, il faut donner à l’esprit un fil conducteur qui lui évite de s’égarer dans le labyrinthe des possibles, un «Fil d’Ariane» intellectuel, constitué de concepts étroitement entrelacés. Ce fil conducteur, à l’image de nos modernes fibres synthétiques, pourra être «multibrins» et «composite», afin d’être à la fois souple et solide. Il ne pourra être réalisé que par des individus convergeant vers une même quête de vérité. Et chacun pourra en tisser un brin. C’est un de ces modestes brins envisageables que cette étude se propose de tisser au fil de votre lecture.

 

Des civilisations disparues, une culture et un langage?

 

La grande question que l’on se pose à propos de ces monuments étranges et de ces connaissances inexpliquées dont ils témoignent est la suivante: Sont-ils l’expression d’une culture mondiale disparue? Car les mégalithes ne sont pas seulement à Stonehenge ou Carnac, on en trouve dans le monde entier.

 

Et qui dit civilisation, dit langage structuré. Avez-vous jamais remarqué les étranges similitudes de noms de peuples, de pays, et de sites anciens qui se répètent de part le monde?

 

Par exemple, est-ce un hasard si l’on retrouve Ra, le Dieu-Soleil, non seulement en Égypte, notamment dans le nom du Pharaon, mais aussi dans bien d’autres endroits du monde? Par exemple dans le Pacifique, à Raiatéa et Rapa-Nui, où se déroulaient des cultes solaires, dans le nom du cairn de Tara, le site solaire le plus sacré de l’ancienne Irlande, ou encore dans celui du temple solaire de Konaraka, en Inde, sans oublier ceux des divinités solaires Ahura-Mazda de l’ancienne Perse, et Ostara, déesse germanique de la fertilité, honorée au soleil levant d’équinoxe, d’où provient notre appellation contemporaine de l’est.

 

On encore, comment se fait-il que le mot Kar, Gar, ou Ker, que l’auteur Louis Charpentier a identifié comme le plus ancien mot voulant dire la pierre, se retrouve dans les noms des alignements de Carnac, des lignes de béliers de Karnak, dans le nom de l’état Indien du Karnataka, où se trouvent des alignements de pierres en un lieu nommé Hanamsagar, ou bien encore dans celui du site des cercles de pierre de Kerr-Batch, non loin de la ville de Dakar, alors que les Cairns solaires assortis de menhirs qui se trouvent dans les steppes du Kazakhstan et de Mongolie se nomment Kereksurs?

 

Et si vous faites remarquer que les cités observatoires Mayas nommées Itza (Izabal, Chichen-Itza, etc..) évoquent directement le mot basque Izarra qui veut dire étoile, on vous rétorquera que ce n’est qu’une coïncidence, car leur noms proviennent d’une ethnie nommée «Itza». Point! Et si la présence du Dieu Egyptien Thot, ou Theoutis, dans le nom de la cité de Theotihuacan vous étonne, au point d’imaginer quelque lien lointain, on vous conseillera de ne plus prêter attention à de telles élucubrations, sous peine de passer pour un niais un peu primaire.

 

Certes, si vous avez lu l’auteur Eric Guerrier et son ouvrage «Le Premier Testament des Dieux», vous savez que Illa est le plus ancien mot connu dans les langues sémitiques pour désigner le ciel sacré et lumineux de la divinité. D’où le nom de Babylone, Bab-Illanu, et celui donné à Allah. Dieu, le ciel divin et la lumière en un seul mot. Remarquez que le même mot Illa, Illu, a donné illuminé et illustre et aussi lumière dans notre langue.

 

Mais vous le retrouvez aussi en sanskrit, où l’expression Ta-La signifie le Monde d’en Haut, celui du ciel divin, par opposition au nôtre, celui des humains. Et vous découvrez alors que le troisième nom de Viracocha, présenté comme un «Zeus aux éclairs» à Tihuanaco, outre celui de Kon-Tiki, est Tonopa-Illa. Puis vous réalisez que le dieu celte de la lumière, Lug, pourrait avoir un rapport avec Illu, comme Apollon avec Illa. Enfin, vous constatez dans «Eden in the East, the drowned Continent of south-east Asia», du Dr. Stephen Oppenheimer, que Ilu signifie le firmament aux îles Samoa, et que Ilai est le Dieu Soleil chez les Torajas d’Indonésie.

 

C’est ainsi que de proche en en proche, j’en suis arrivé à me demander si un lien commun pouvait exister quelque part entre tous ces noms, dont la répétitivité persistante de part le monde, constatée au fil des Atlas géographiques et archéologiques, menait logiquement à exclure du jeu le bienveillant «Dieu Hasard» des sceptiques «ultra-rationalistes».

 

De ce fait, la deuxième grande question qu’il faut alors se poser est fondamentale. Se pourrait-il qu’un langage initiatique mondial, unique et oublié, ait «fédéré» tout cela, voici bien longtemps? La réponse à cette question est peut-être l’un des brins du «Fil d’Ariane» ordonné et structuré qu’il faut commencer de tresser dès maintenant. C’est le but de cette étude.

 

On peut sans difficulté explorer tout autour de notre globe une multitude sans fin de noms semblables à ceux que je viens de citer, de sorte qu’un véritable vertige intellectuel finit par se manifester, en prenant conscience de l’extension réellement immense que peut prendre l’application de cette hypothèse d’ancien langage sacré. Face à la déconcertante facilité avec laquelle on peut décoder ainsi, muni de cette clé, des centaines de noms d’anciens sites tout autour de la Terre, on se retrouve avec une alternative simple:

 

– Ou bien tout ceci n’est qu’illusion, jeu de l’esprit, et pur produit du hasard, la chance a voulu que les phonèmes «découverts» correspondent à un maximum de langues autour de la Terre, et s’appliquent partout.

 

– Ou bien les langues de la Terre entière possèdent des mots et expressions identiques et communs, permettant de nommer tous les lieux sacrés suivant les mêmes règles.

 

Cette dernière proposition implique:

 

– Soit l’existence d’une étroite communauté linguistique entre de nombreux peuples, qui marque un très ancien contact ou un «brassage» global à l’échelle mondiale, et forcément antérieur aux temps historiques. Mais ce sont là des liens généralisés que les linguistes n’ont jamais formellement établi.

 

– Soit l’existence d’un «méta-langage» artificiel, et «supra-national» créé et diffusé en des temps immémoriaux, et disparu en tant que tel à l’aube de l’histoire, quand les hommes oublièrent aussi les mégalithes.

 

À bien y regarder, il devait satisfaire à un ambitieux cahier des charges, qui fut résolu et appliqué pendant des millénaires. Imaginez un langage indépendant des langues usuelles, qui serait né du besoin de nommer de façon cohérente les concepts et les lieux d’un ensemble mondial de cultes solaires et stellaires, pratiqué par des peuples de races et de langues très différentes. Il devait donc pouvoir être compris et mémorisé sans ambiguïté par tous les peuples porteurs de sa culture, être prononçable dans toutes les langues concernées, et demeurer pérenne sans déformations ni dérives. Cela dura tant que les mégalithes furent des pierres «vivantes», porteuses du Mana, et permettant aux hommes de communiquer avec le ciel divin. Puis il tomba dans l’oubli, comme les grandes pierres.

 

D’un côté oublié comme outil opérationnel de communication, mais de l’autre préservé dans «l’inconscient culturel» des peuples, ce langage particulier semble avoir imprégné des milliers de noms de lieux et de divinités sur notre planète. Cela implique l’existence d’une ancienne culture qui a diffusé sur l’ensemble du globe en des temps dont le souvenir a été effacé de l’histoire, mais pas totalement de la mémoire des hommes, car elle survit encore dans les brumes des légendes et dans la toponymie contemporaine.

 

Nous partirons donc à la recherche de cette ancienne culture sacrée oubliée, qui, tout autour du monde, reliait pétroglyphes, mégalithes, pyramides et autres temples aux cultes solaires, lunaires et stellaires.

 

La conclusion sera que la toponymie mondiale est le reflet fidèle et persistant d’une très ancienne chaîne culturelle mondiale, et qu’elle remonte peut être aux temps antédiluviens. Si c’est le cas, le langage liturgique de ces cultes a survécu aux catastrophes diluviennes et s’est transmis à travers les millénaires. Il apparaît qu’il remonte à un temps très ancien car souvent, les peuples concernés par les sites ou légendes étudiées dans ce cadre précis ont totalement perdu la mémoire de l’origine des noms employés. Aucune trace. Les étymologies des noms étudiés sont souvent multiples, voire contradictoires, et il arrive qu’il n’y en ait pas. Et pourtant, une incroyable série de « coïncidences toponymiques » s’est déroulée sous mes yeux et sans effort particulier de transcription complexe.

 

En effet, non seulement la présence de l’ancien langage oublié est perceptible dans la toponymie des lieux traditionnellement sacrés comme dans les anciens cultes solaires/stellaires, mais encore il se rencontre souvent dans la mythologie des civilisations antiques.

 

Les peuples dont le terroir et les traditions portent la marque persistante de l’ancien langage oublié n’ont eu aucun contact historiquement rapporté entre eux, leurs cultures sont censées n’avoir eu aucune influence réciproque connue, et pourtant ils emploient partout les mêmes mots pour désigner les mêmes concepts, comme nous le verrons au cours de cette étude.

 

Son origine pourrait remonter aux temps dits pré- et proto-historiques, et cela impose une série de remarques liées:

 

Ce langage est le reflet de civilisations évoluées, en contact étroit, et capables d’exprimer et de fixer des concepts avancés (monothéisme, astronomie) dans un langage commun. Elles étaient capables de réalisations architecturales demandant un bon niveau technique.

 

Ces conditions supposent des échanges prolongés dans le temps et l’espace, des moyens de voyager, donc un bon niveau d’architecture navale et une connaissance forte de notre globe, de ses mers, et de son ciel. Il fut donc «diffusé» dès ces époques, et les «vestiges linguistiques» que nous découvrons, remontent obligatoirement, même de façon très indirecte, à ces lointaines époques.

 

Cette diffusion n’a pu s’opérer que par une chaîne continue de contacts entre cultures, ou par une «culture–vecteur» capable de parcourir le monde pendant très longtemps. Au choix, ou peut-être la solution participe-t-elle des deux hypothèses.

 

Cette définition caractérise un ensemble de civilisations ayant atteint un niveau de sciences et techniques sans doute comparable au XVIIIe siècle européen, juste avant l’aube de la révolution industrielle. Cependant, leur schéma culturel décrit dans le récit de Platon ainsi que dans les traditions de l’Inde et de la Grèce Antique se rapproche plus, par d’autres aspects culturels, de nos époques médiévales. L’histoire ne se répète jamais à l’identique.

 

Le célèbre mécanisme d’Antikythera prouve à lui seul que le chronomètre de marine que John Harrison inventa dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle aurait pu naître plus tôt. Et cet outil, créé pour parvenir enfin à mesurer les longitudes, joint au bon niveau de la marine à voile à cette époque, permit au Capitaine James Cook de parcourir et cartographier avec précision la plus grande partie de l’océan Pacifique. Il n’y eut pas besoin des moyens modernes de l’ère industrielle et technologique. Cela fut accompli sans avions, sans moteurs à vapeur, sans pétrole ni électricité, sans satellites ni ordinateurs. Il faut être à la fois lucide et prudent pour décréter ce qui était possible ou impossible dans les époques passées. Il n’est pas indispensable de disposer de toute l’infrastructure industrielle contemporaine pour mériter le titre de «civilisation avancée». Le télescope est né avant l’ère moderne. Comme la science de la cartographie.

 

Les étonnants portulans du Moyen-Âge et de la Renaissance apparaissent comme d’habiles compilations nécessairement basées sur des «documents sources» extrêmement précis et documentés, qui n’ont jamais été révélés, et dont la trace mène le plus souvent à l’ancienne bibliothèque d’Alexandrie. Mais les connaissances élevées en mathématiques et géographie qu’ils suggèrent ne correspondent pas au savoir de l’époque de Ptolémée. Ils ne peuvent provenir que d’une culture antérieure, qui ne peut s’être développée qu’en des temps très lointains, eu égard aux caractéristiques géographiques décrites, qui sont incompatibles avec la géographie actuelle, et correspondent à des époques vieilles de 8 à 15.000 ans avant notre ère. Sans cette hypothèse, comment expliquer la description géographique du prêtre égyptien de Saïs au législateur athénien Solon, telle que rapportée par Platon? Si le récit est vrai et exact, comme l’affirme fortement le philosophe, alors ce prêtre ne pouvait que décrire une carte de la Méditerranée et de l’Atlantique, qui s’étendait jusqu’en Amérique, et qu’il avait eu concrètement sous les yeux.

 

En toute logique, ces civilisations se sont développées pour finalement atteindre le niveau culturel et technique nécessaire qui seul peut expliquer toutes les anomalies inexplicables par le modèle du consensus dominant présent. Puis elles ont «presque» entièrement disparu durant les catastrophes survenues en chaîne à la fin de la dernière Ère Glaciaire, balayées de fond en comble, rasées, englouties. Quasiment pas de traces, du moins pas identifiables immédiatement et sans discussion.

 

Si le catastrophisme est une hypothèse erronée, leur existence est impossible. Mais il semble de plus en plus que le consensus actuel basé sur l’ancien actualisme de Lyell (XIXe siècle, pas récent!) et l’évolution Darwinienne (de plus en plus contestée) s’avère une impasse incapable de rendre compte de ses propres contradictions, et ce qui passait pour rêve et délire irrationnel tend à devenir un possible nouveau modèle de l’histoire des hommes.

 

Si les civilisations disparues peuvent constituer une hypothèse valable, alors l’existence de ce langage sacré ancien pourrait bien devenir une explication plus satisfaisante que le «Dieu-Hasard» ou son avatar moderne, le «Dieu-Statistiques», pour rendre compte de l’incroyable somme de coïncidences toponymiques et linguistiques que mon étude expose. Le présent texte ne peut prétendre à la qualification de scientifique, l’auteur, simple ingénieur, n’étant pas archéologue, ni historien, ni linguiste, ni géologue, ni astronome, ni océanologue. De plus, il ne comporte aucun engagement religieux ni politique d’aucune sorte et se veut simplement l’expression de la libre pensée de bon sens d’un «honnête homme». Cette quête requiert surtout un subtil mélange d’audace, de prudence et de rigueur intellectuelles, et l’emploi raisonné de la spéculation.

 

Car la recherche de ce langage hypothétique nous amènera à enfreindre les règles de base de la linguistique: nous établirons des liens entre des noms de villes, de lieux, et des patronymes de Dieux ou de rois issus de listes disparates et propres à diverses civilisations éloignées dans le temps et l’espace, et nous bâtirons des hypothèses à partir de petits groupes de noms limités.

 

Le savoir perdu que nous recherchons nous attend depuis des millénaires, dispersé sur notre planète tout au long de la chaîne mondiale des mégalithes, des pyramides et des temples anciens: il suffit d’écouter les légendes qu’ils nous racontent, de retenir les noms qu’ils nous confient, et de comprendre, enfin, le langage venu des temps où des pierres dressées et alignées parlaient aux astres. C’est pourquoi vous êtes invités à abandonner ici toutes certitudes académiques rigides, à assouplir votre esprit et réveiller votre imagination, tout en suivant le chemin indiqué par les fées Raison et Logique. Il est le mien depuis plusieurs années, et peut aussi devenir le vôtre.

 

Michel DEMARIA

 

Je remercie l’auteur qui m’a donné l’autorisation de reproduire ici l’introduction de son essai. Ne manquez pas d’aller lire le texte dans son intégralité sur le site: http://atlantides.free.fr

Publié dans:Cultures et civilisations |on 10 novembre, 2006 |Pas de commentaires »

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